Les repentis des réseaux sociaux !

Pourquoi diable des ingénieurs se repentent-ils d’avoir créé l’addiction aux réseaux sociaux ? Depuis quelques années, quelques esprits brillants, issus de la Silicon Valley, font leur mea culpa. Ils regrettent d’avoir sciemment créé cette dépendance à nos smartphones et ordinateurs. Vous arrive-t-il, en effet, de regretter ces heures de surf virtuel, alors que vous projetiez de prendre le grand air ? C’est normal ! Des têtes penseuses dont le slogan est “Don’t Be Evil” (Ne fais pas le mal, sois bienveillant) ont soigneusement étudié comment nous rendre accrocs à nos écrans !

Alternatives et prise de distance avec Facebook et autres GAFAM

Photo by William Iven on Unsplash

Repentis des réseaux sociaux : Aza Razkin et Chamath Palihapitiya

Aza Raskin

Les repentis des réseaux sociaux !

Crédits photo : citinewsroom

Pur produit de la Silicon Valley, Aza Raskin a été Creative Director chez Mozilla. Ce n’est rien de moins que l’inventeur du scroll infini ! Il dresse un constat alarmant sur sa création. En effet, nous avons tous oublié qu’avant 2006, on ne pouvait pas faire défiler des pages indéfiniment.

Aza Raskin s’en veut d’avoir contribué à l’addiction aux réseaux sociaux. L’intention originelle du développeur était de proposer aux internautes une expérience utilisateur optimale, où il ne serait pas frustré par l’interruption du flux de données. Il n’a pas du tout perçu les conséquences néfastes de son invention, qui nous cloue à notre smartphone comme un drogué à son rail de cocaïne. Il dénonce ce qu’il était lui-même : l’un de ces milliers d’ingénieurs qui ont tout donné, au fin fond de la Silicon Valley, pour que l’on reste scotché.e à notre écran. Pourquoi ? Pour que les applications engrangent un maximum de bénéfices.

Chamath Palihapitiya

Chamath Palihapitiya est l’ancien vice-président chargé de la croissance de l’audience, chez Facebook. Il se morfond à présent “d’avoir participé à la création d’outils qui déchirent le tissu social”. Après avoir grandement participé au succès de l’entreprise, il a commencé à se sentir immensément coupable d’avoir aidé Facebook à gagner de plus en plus d’utilisateurs. Les « cœurs, “j’aime” et pouces en l’air » l’écœurent. Il est effaré de voir combien de gens finissent par confondre le nombre de réactions à leurs publications avec la valeur ou popularité qu’ils s’attribuent, totalement soumise aux variations des algorithmes.

Il dénonce des « boucles de réactions, basées sur la dopamine, qui détruisent le fonctionnement de la société ». L’ingénieur va carrément jusqu’à considérer qu’à cause des réseaux sociaux, il n’y a plus d’échanges civilisés, ni de coopération. La désinformation, et les contre-vérités circulent ». Il s’inquiète même de l’altération de nos comportements, à cause des réseaux sociaux.

Chamath estime que tous les collaborateurs se doutaient des conséquences potentiellement néfastes de leur travail, mais pas à ce point. À titre personnel, et malgré les tensions que cela peut créer avec ses proches, il n’utilise pas Facebook (comme Steve Jobs n’utilisait pas l’i-pad…). L’ingénieur n’utilise jamais le célèbre réseau social…car il a peur “d’être programmé” à son tour.

Repenti des réseaux sociaux N°3 : Tristan Harris

Tristan Harris a étudié quelque temps au Stanford Persuasive Technology Lab et a ensuite travaillé comme philosophe éthique à Google, où il évitait aussi d’être evil. Jeune ingénieur inconscient à l’époque, il s’en veut à présent d’avoir joué aux apprentis sorciers, avec des outils visant à manipuler les esprits et l’attention humaine.

Il met en garde contre les dérives de l’autoplay sur Netflix ou YouTube. Notre repenti s’inquiète de l’addiction de ces adolescents, à Snapchat, qui vont jusqu’à, pour certains, échanger leurs mots de passe avec les copains, pour que ces derniers continuent à publier du contenu, en leur absence. Il pourfend ces notifications, sur votre smartphone, “qui programment littéralement vos pensées”.

Aujourd’hui, avec une intelligence artificielle bien entraînée, nourrie de milliers de paramètres et de scénarios, on peut établir votre profil psychologique, vos déplacements et détecter, grâce à la reconnaissance faciale vos émotions. Ces technologies finissent par nous connaître mieux que nos parents, c’est effrayant, non ? Vite, supprimons le contenu de notre timeline Facebook. (non, non, ça ne sert à rien, trop tard).

La vie virtuelle, meilleure que la réalité

Il estime que les réseaux sociaux ont créé une réalité sociale alternative, où les comportements extrêmes sont valorisés (stimulation des émotions, du cerveau reptilien obligent). Le téléphone devient une drogue en compétition avec la réalité. Il nous rend plus impatient, surtout lorsque la réalité est ennuyeuse ou déprimante. Les écrans répondent toujours à nos désirs là où la réalité peut nous frustrer, régulièrement. C’est un cercle vicieux.

C’est pourquoi Tristan Harris prône désormais un nouveau modèle : des technologies qui nous aident à employer notre temps de la meilleure façon qui soit, avec un design d’interaction qui soit vertueux par défaut. Comprendre, par exemple, un réglage d’usine du smartphone en noir et blanc plutôt qu’en couleur.

Je suis un peu sceptique devant les propos de l’ancien googler. Admettons que l’on réduise le nombre de notifications des applications sur les téléphones, quand les gens ne savent pas les désactiver par eux-mêmes. Admettons qu’au lieu de vous inciter à vous exprimer, Facebook vous propose, sur la base de vos données personnelles, des activités qui ont du sens pour vous (organiser un dîner, aller se balader, etc.). Sur quoi reposera alors le modèle, le chiffre d’affaire de Facebook, Instagram ou Snapchat ?

Aucun d’entre eux ne cite les réseaux sociaux libres.

Les repentis des réseaux sociaux et les applications-cocaïne

Comment a-t-on pu glisser de réseaux sociaux qui étaient censés simplement vous rapprocher de votre famille et de vos amis, à des applications-cocaïne ? J’enfonce une porte ouverte : au nom du dieu-argent, bien sûr. Comment faire venir le dieu-argent rapidement ? En flattant nos plus bas instincts d’être humain égocentrique. Tout à l’ego, allezzz !

Grâce au selfie, je peux désormais me voir en train de me regarder ! Mon estime de moi est dopée grâce aux “likes” et pouces en l’air ! La singularité de mon existence est telle que je partage absolument TOUT sur les réseaux sociaux : nouvelle relation, nouvelle sortie, soirée-sushis-cool !

Les réseaux sociaux flattent, avec la plus grande perversité qui soit, ton besoin de validation sociale. Un peu comme le disait Van Damne dans un film brillant, tu deviens “une star pour les gens qui t’aiment”. Alors tu donnes, tu donnes, tu donnes, et ils siphonnent, ils siphonnent, ils siphonnent tes données. Un processus très puissant quand on connaît l’appétence de notre société actuelle pour le gratuit, le facile, le tout-cuit et le rapide. Il est d’autant plus dur, pour beaucoup d’entre nous, de comprendre les risques liés à l’utilisation de nos données, quand on s’amuse et “qu’on a rien à cacher”.

Quid des risques de détournement ou de surveillance généralisée si demain les GAFAM revendent nos données à puissants malintentionnés ?

Puissance et dangers des GAFAM

Les repentis des réseaux sociaux sont-ils innocents ?

Comme ils savent tous le dire, nos supers ingénieurs de la Silicon Valley sont entrés jeunes chez Google ou Facebook. Ils ne voyaient que les réalisations incroyables qu’ils pouvaient produire avec les outils et moyens qu’on leur donnait.

De plus, ils ont toujours eu une vision parcellaire du résultat que leur travail produisait. Le salaire était suffisamment conséquent pour ne pas se poser de question éthique. On ne leur a jamais demandé de “créer de l’addiction chez l’utilisateur”. Ils devaient “augmenter son taux d’engagement sur des publicités ciblées”.

Ils ne se sont pas encore repentis, mais un jour, peut-être ?

Reed Hastings, dirigeant de Netflix

“…think about it, when you watch a show from Netflix and you get addicted to it, you stay up late at night. You really —we’re competing with sleep, on the margin” (Pensez-y un instant, lorsque vous regardez un programme sur netflix et que vous y devenez accros, vous finissez par rester éveillé très tard le soir. Vous êtes alors, nous sommes en compétition avec le sommeil.”.

Mark Zuckerberg

Le slogan initial de l’étrange Marco, c’était “Domination !!! Aller plus vite et briser les choses”. Sympa, hein ?

Son credo, c’était de mettre les individus en lien, de connecter toute l’humanité. Apparemment, plus on est connecté, plus on est “relié aux siens, ouvert, empathique et heureux”. Ah bon ?

Lui qui prônait la transparence et le partage a fini par racheter toutes les maisons autour de chez lui. Marco, qui vit très modestement, a aussi investi dans une île pour des millions de dollars.

 

Et vous, que pensez-vous de ces brillants ingénieurs ? Comment utilisez-vous les réseaux sociaux ? N’hésitez pas à commenter et à partager !


Scribby

Créatrice et auteur sur différents blogs, depuis plus de 10 ans, je suis aussi une rédactrice Web passionnée par la transition écologique. J'explore ici différentes solutions pour aller vers plus de sobriété numérique et changer, vous aider à changer vos habitudes de consommation. Que ce soit sur votre ordinateur ou dans votre cuisine, venez faire le plein d'idées et d'astuces ! On parle aussi ici de collapsologie et zéro déchet.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire